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Une brève histoire des Perles

Il y a plusieurs milliers d’années, bien avant l’histoire écrite, nos ancêtres ont probablement découvert la première perle alors qu’ils inspectaient un rivage pour se nourrir. Tout au long de l’histoire, la perle, avec son éclat chaleureux et ses chatoyants reflets irisés, a été l’un des gemmes les plus prisées et recherchées. Le mot latin pour perle signifie « unique », attestant du fait que deux perles ne sont jamais tout à fait identiques.

On trouve d’innombrables références à la perle dans toutes les religions et mythologies des premières cultures.

D’anciennes légendes arabes, grecques et romaines nous disent que la perle se forme lorsque des gouttes de rosée emplies du clair de lune tombent dans l’océan et sont avalées par des huitres. Les Perses partageaient la même croyance, mais ils pensaient aussi que les imperfections trouvées sur les perles étaient dues aux éclairs dans le ciel. Les mythes chinois racontent que des perles tombaient du ciel pendant les combats de dragons, et les anciens japonais croyaient que les perles naissaient des larmes de créatures mythiques, telles les sirènes et les nymphes.

Le plus célèbre incident de l’histoire romaine touchant aux perles concerne un banquet donné par Cléopâtre, dernière reine d’Egypte, pour le chef romain Marc Antoine. Le banquet fut décrit par l’historien romain Pline l’Ancien dans son ouvrage « Histoire Naturelle » : afin de convaincre Rome que L’Egypte possédait un patrimoine et une richesse tels qu’elle était impossible à conquérir, Cléopâtre paria avec Marc Antoine qu’elle pouvait donner le dîner le plus cher de l’histoire. Alors qu’on plaça devant elle une coupe de vinaigre, celui-ci se demanda comment elle pourrait gagner ce pari. Cléopâtre enleva alors l’une de ses boucles d’oreille en perle – dont Pline affirme qu’elle valait 10 millions de sesterces, l’équivalent de milliers de livres d’or – et la lâcha dans le vinaigre. La perle fut dissoute par la solution fortement acide et Cléopâtre but le tout, remportant ainsi son pari.

Au Moyen Âge, alors que les jeunes filles nobles chérissaient les colliers de délicates perles, les preux chevaliers portaient souvent des perles à la bataille. Ils croyaient que la magie de ses joyaux brillants saurait les protéger du danger.

La Renaissance vit les cours royales d’Europe crouler sous les perles. Parce que celles-ci étaient si hautement considérées, de nombreux pays européens firent adopter des lois interdisant à quiconque n’était pas noble de les porter.

En 1916, le célèbre joaillier français Jacques Cartier acheta son magasin historique sur la fameuse Cinquième Avenue de New York en échangeant deux colliers de perles contre ce bien immobilier de grande valeur.

Alors que quasiment toutes les autres gemmes sont formées par des dépôts minéraux qui doivent être extraits, taillés et polis pour révéler leur beauté étincelante, la perle s’offre à nous dans toute sa splendeur, belle dès le premier regard – dès sa sortie de l’eau.

Il n’y a rien d’autre à faire que de la tenir dans le creux de la main et d’ouvrir grand les yeux. Il est naturel qu’un tel prodige ait soulevé de nombreuses questions chez nos ancêtres, qui ont pallié à leur manque d’explications scientifiques par un sens inné de la poésie.

La naissance d’une perle est un processus fascinant qui nécessite une grande patience et beaucoup de soin. C’est la seule gemme produite par un être vivant, doucement secouée par les vagues du temps, prête à être portée et admirée sitôt hors de l’eau, source de sa propre splendeur.

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